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Espace-Transition
Formations & accompagnement en santé mentale
1/ Une expertise née du terrain
Avant de former, j’ai soigné. Avant de transmettre, j’ai été confrontée, sur le terrain et dans l’urgence, aux réalités concrètes de la santé mentale — en institution, dans la communauté, en cabinet, et à la tête d’un dispositif d’intervention de crise dans la communauté que j’ai conçu et dirigé moi-même. C’est cette expérience clinique et de terrain qui constitue aujourd’hui la matière première de mes formations : je ne transmets pas une théorie apprise dans les livres, mais ce que j’ai vu, pratiqué et ajusté au contact réel des personnes et des professionnels qui les accompagnent.
Une pratique clinique de terrain
Médecin psychiatre-psychothérapeute FMH, j’ai exercé dans des contextes volontairement variés plutôt que dans un seul cadre : cheffe de clinique adjointe au CHUV, en psychiatrie communautaire, en médecine des addictions, référente médicale pour des programmes d’insertion et de retour à l’emploi, puis psychiatre pour Médecins Sans Frontières en Irak. Je me suis également formée à l’approche Open Dialogue à Londres. Ce sont des contextes très différents, mais qui partagent une même exigence : s’adapter à la personne et à sa réalité, plutôt que de lui demander de s’adapter au cadre du soin.
Penser une psychiatrie communautaire, accessible et dédramatisée
C’est de cette conviction qu’est né Espace-Transition : une pratique ambulatoire, au cœur de la communauté, pensée pour intervenir à l’endroit le plus facilitant pour la personne — un centre médical, mais aussi, dans les moments de crise, son propre lieu de vie, quand se déplacer devient en soi un obstacle infranchissable.
Le nom « Espace-Transition » traduit cette volonté : limiter autant que possible la rupture dans ce passage d’un état à un autre, de la crise à la stabilité, en s’appuyant sur le réseau déjà existant autour de la personne plutôt qu’en s’y substituant. Une intervention n’a de sens, à mes yeux, que si elle reste évolutive, ajustée au processus psychique traversé — et si elle contribue, dès le premier contact, à dédramatiser la rencontre avec le monde de la psychiatrie.
2/Concevoir et diriger un dispositif de crise dans la communauté
C’est cette conviction que j’ai mise à l’épreuve du concret en concevant et en dirigeant, pendant plusieurs années et jusqu’en septembre 2025, un dispositif d’intervention de crise dans la communauté à Lausanne — avec une équipe multidisciplinaire et multiculturelle de femmes indépendantes, formées en santé mentale.
En pratique :
- Interventions de crise sur Lausanne ville, en mode exclusivement volontaire — jamais d’intervention non consentie
- Pour des adultes de 18 à 65 ans ne disposant pas encore d’un réseau de soins en santé mentale identifié
- Des rencontres en réseau, au domicile de la personne ou sur tout autre lieu de la communauté
- Un mandat d’intervention resserré : trois mois au maximum, réactivable dans le temps
- Un fonctionnement construit dès le premier entretien avec les personnes-ressources présentes : évaluation en binôme, plan de traitement co-construit, puis interventions assurées en tournus par l’équipe
- Une clôture pensée comme un passage de relais : accompagnement vers un réseau de soins ambulatoires si nécessaire, avec un suivi à quinze jours après le bilan final
Ce dispositif m’a confrontée, session après session, à ce qui fait vraiment la différence dans une situation de crise : la rapidité et la justesse du repérage des signaux, la capacité à désamorcer une tension avant qu’elle ne s’aggrave, la solidité du travail en réseau interdisciplinaire, et une posture — y compris pour des professionnel·le·s non soignants — qui permette d’agir sans se substituer aux soignants. Ce sont précisément ces enseignements de terrain que l’on retrouve aujourd’hui au cœur de mes formations.
3/ De la clinique à la transmission
Cette double expérience — la clinique psychiatrique et psychothérapeutique d’une part, la conception et la direction d’un dispositif d’intervention communautaire d’autre part — est aujourd’hui ce qui fonde mon activité de formatrice et consultante en santé mentale. Je ne forme pas à partir de savoirs théoriques seuls, mais à partir de ce que le terrain m’a appris : ce qui fragilise et ce qui protège, ce qui se joue dans les premiers signaux d’une difficulté, et ce qu’une posture professionnelle bien ajustée peut changer, avant même l’intervention d’un soignant.
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